L’avenir d’un développeur ? Devenir manager !

L’avenir d’un développeur ? Devenir manager !

Qui parmi nous n’a pas déjà eu l’occasion de grincer des dents en entendant pareille ineptie ? Pourtant, c’est une stratégie managériale classique de grands groupes en France et à travers le monde.

Le développeur en herbe commence donc en tant que petit technicien (bah oui, la technique c’est cracra, on a les mains dans le cambouis, c’est bien connu) et notre métier n’est qu’un tremplin vers la réussite : manager une équipe. Il nous est ainsi possible de faire fi de notre savoir technique et de nous élever dans la société. Cool non ?

Dur de savoir par où commencer pour analyser cette idée ridicule…

Déjà, en quoi un savoir peut-il être supérieur à un autre ? Pourquoi une compétence en management serait-elle plus utile ou désirable pour l’entreprise que celle de développement (ou tout autre métier technique utile au secteur d’activité de l’entreprise d’ailleurs) ? Dans une entreprise comme Google ou Amazon, les développeurs sont la ressource la plus importante de l’entreprise et ces dernières l’ont très bien compris et valorisent donc énormément le poste.

Ensuite, je tiens à rajouter que contrairement à l’idée que s’en font la plupart des responsables d’entreprise, le développement informatique est aujourd’hui bien plus un travail de l’esprit qu’un simple exercice technique codifié. Changer un moteur de voiture par exemple peut souvent se résumer à appliquer proprement une procédure en l’adaptant un peu à la situation, mais créer un nouveau logiciel : certainement pas. Pour rester dans cette analogie, le métier de développeur relève bien plus de l’ingénierie et donc s’associerait bien mieux à la conception d’un nouveau moteur par exemple. Tout ce travail de conception ne peut en rien être ramené à un exercice technique. Vouloir à tout prix affirmer que le travail de développeur mériterait d’être remplacé par un autre plus stimulant intellectuellement parlant relève carrément de l’enfumage. On dévalorise toute une profession en ce faisant. Personnellement, j’adore développer et j’ai toujours un sentiment de satisfaction et de fierté immense quand j’ai mis au point un composant technique nouveau que je trouve élégant et bien réalisé. Même si le poste n’était que technique, si j’y prenais goût, pourquoi vouloir me faire faire autre chose si je le fais bien plutôt que de m’encourager à le faire mieux ?

Ensuite, franchement, un bon développeur fera-t-il nécessairement un bon manager ? Impossible de le savoir. Les compétences requises pour les deux postes sont complètement différentes… En admettant que le développeur soit bon, sachant le temps que cela nécessite pour atteindre un niveau technique important, quel idée de gâcher tout ça pour le faire repartir de zéro sur un nouveau set de compétences ? C’est une perte sèche immédiate pour l’entreprise sans aucune assurance d’un retour sur investissement : impossible de savoir si la valeur ajoutée du nouveau manager dépassera un jour celle du développeur qu’il fût, et donc à fortiori, impossible d’en déduire qu’elle justifiera l’investissement demandé par sa formation (même sur le tas) à ce nouveau métier !

Si vous êtes face à cette situation et que l’esprit d’entreprise qui règne autour de vous est de ce type je ne peux que vous recommander de changer d’environnement pour en trouver un qui valorisera vos compétences à leur juste valeur. Il ne manque pas de CDI qui seront plus à même de vous apporter un environnement plus sain. Le freelancing est également une excellente solution pour s’affranchir de la problématique : en effet, une entreprise qui recherche un prestataire pour réaliser une tâche a intimement connaissance de la nécessité de son besoin au moment où elle l’exprime et n’a pas d’idée de futur à vous créer. Une fois la tâche réalisée elle sera ravie de vous laisser voler vers d’autres horizons. C’est votre problème dans ce cas si vous n’avez rien compris à la vie n’est-ce pas ? ;-).

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